mardi 4 mai 2010

Dimanche 28 mars


Dimanche 28 mars à 15 heures : Terre ! « Banana Islands », trio d'îles sierraléonnaises au sud de chez Cathy, où l'on va bivouaquer pendant 4 jours : mouillage dans une crique paradisiaque, sans houle, suffisamment ventée pour faire tourner l'éolienne, et zone de pêche pour jm et ses potes pêcheurs Adé et Bami, nouvelles rencontres.


Au programme :
Nettoyage du bateau (le sable jaune sur le pont, et les qq algues sur l'antifooling), vérification des manilles en haut du mât (haaa, j'ai chanté « hisse et haut » en m'essoufflant sur le winch !), réparation du frigo (encore pb de connexions électriques), refaire de l'eau potable (chercher avec l'annexe de l'eau à la rivière, mettre 35 gouttes de javel dans chaque bouteille de 10 litres et la filtrer avec la super carafe)
Une journée entière de pêche au large avec les 2 compères qui sont tout contents de pouvoir aller si loin si rapidement, d'utiliser le fameux « rapala » et de nous montrer leur habilité à pêcher un baracouda !(ph14)
Visite de leur village Rickets, guidés par Bami, et accueillis à la fin devant la maison d'Adé, avec sa femme Margaret qui nous offre bananes, mangues, papayes !!

dimanche 21 mars

Dimanche 21 mars, midi
départ de Dakar, après avoir attendu Seka, qui n'est pas venu … un petit mail d'adieu à Makhtar, et sortie à la voile de la baie d'N'gor ; on croise des surfeurs sur les vagues de l'île, et on longe les côtes moches de Dakar, dans la brume, où l'on n'aperçoit que des constructions béton, une grande route bitumée, une statue gigantesque et immonde, et le phare avec son épave ...
on s'éloigne et on longe de près les îles du serpent et des madeleines, toute recouverte du manteau blanc des chiures d'oiseaux.
Hey, les filles, n'est il pas un peu « poudreuse dans la barbe » mon marin ?
Un petit vent de 15 nds secteur nord va nous pousser tranquillement pendant 3 jours ; la nuit, on met cirés et pantalons polaire car il fait très humide et frais ; on organise les quarts, je fais 9 h-minuit et 3h-6h ; je trouve cette deuxième partie super dure ! Heureusement, j'ai eu droit à un festival d'une trentaine de dauphins venus jouer autour du bateau pendant plusieurs heures ; la nuit, c'est vraiment magique car on peut suivre leurs déplacements et leurs acrobaties pendant longtemps grâce à leur silhouette scintillante de vert fluo (le plancton).
Pendant ces 3 jours, jm a pêché un poisson par jour ! Un bares, une dorade et un petit thon rouge ! Repas de rois avec les légumes frais de Dakar !
A partir du 24 après midi, le vent oscillera entre 0 et 8 nds jusqu'au bout …et chaleur, chaleur, chaleur !
les 5 heures de pétole, sous une chaleur écrasante, nous seront profitables pour baignades successives dans une eau bleue marine abyssale … au début, je ne lâche pas trop le bout qui me rattache au bateau, et je zieute constamment les alentours à la recherche d'un aileron peu sympathique, ou de ces petites voiles rondes et roses si mignonnes, mais qui signalent « méduses ! »
Le problème principal de ces 4 derniers jours de navigation seront la gestion de l'énergie : le soleil n'est qu'une boule blafarde sur un ciel tout blanc (panneau solaire peu efficace), et notre allure « vent arrière » ne fait pas tourner l'éolienne ; choisir entre le pilote, les instruments de navigation et l'ordi suivant les moments (le frigo étant tombé en panne dès le 3ème jour !) ; la tactique adoptée (qui m'enchante) est de rouler de nuit rien qu'avec le foc, le pilote et le mer-veille (et de dormir !!!) quitte à se dérouter un peu pour faire tourner l'éolienne.
Au niveau pêche, pas terrible : à la fin, je fredonnais « du poisson, pour mon caton, sinon, il va péter un plomb ! » il a eu plusieurs accroches, mais une cuiller de perdue, ou des rapalas remontés avec l'hameçon tordu … ha si ! Il s'est battu pendant 20 minutes avec un requin d'un mètre de long en bout du bateau : il lui criait « tire toi, mais rend moi mon rapala ! »
Donc les journées se suivent, jm à la navigation et à la pêche, et moi, je l'aide dans certaines manœuvres, j'aime suivre notre parcours sur le logiciel « maxsea », je lui indique caps à suivre, zones de danger (épaves), et profondeurs, marées, courants … je cuisine aussi beaucoup, pains pour tous les jours, et brioches ou pain d'épices pour les matins, riz, lentilles et semoules avec poisson (hum) en plat principal. Je m'avale des bouquins, je sieste, je contemple … je ne m'ennuie jamais !
Oui, si, j'ai eu une journée grognon mal-lunée où tout va mal : fatigue des quarts, lentilles trop salées, moustiques qui piquent, jm qui tombe (du bon côté du bateau, pour cette fois-ci …), avec mal de tête genre insolation en prime.
De toutes façons, il y a tous les jours quelque chose qui se passe : un seau perdu avec manœuvre pour tenter de le récupérer avant qu'il ne coule (raté !!) , un paquebot surprise (de jour, tous les 2 sur le pont, aperçu un peu tard, sans risque mais pas vu arrivé !), des flaques flottant sur l'eau noires-marrons aux bords arc-en-ciel qui puent et nous empêchent de nous baigner … et pourtant, je n'ai pas encore eu ni les baleines, ni les orques, ni les levers ou couchers de soleil !

samedi 20 mars 2010

samedi 20 mars 2010


Ce matin, re-préparation pour le départ :
à 7 heures, jm se lève pour une dernière pêche avec Seka ; je l'entends qui s'affère sur le pont, car Seka n'arrive pas … un poisson « trompette » tourne autour du bateau, et quand finalement Seka arrive (10h) « hey, mon ami, ça va bien ? », ils se mettent à essayer de le pêcher : « c'est bon à manger avant de partir ! »
moi, je range à l'intérieur : tout ce qui pourrait tomber avec la gite, et un peu de nettoyage ...
tout d'un coup : « Mama, ça y est ! Mama, pred la photo ! »


Seka repart avec l'annexe pour chercher un boubou à jm ; en attendant, on cuisine le trompette … finalement, on ne partira que cet après midi ! Ou peut être ce soir ? Ou peut être demain ? Inch allah !
On veut prendre la direction de la SierraLéone ; maintenant que je suis rodée au mouillage, va falloir faire l'apprentissage de la navigation à deux … jm n'a pas l'air inquiet … ici, la météo est sans surprise, le vent secteur nord, de force 2 ou 3.
Pour une prochaine connexion internet, peut être à Ziguinchor dans 2 ou 3 jours si on s'y arrête, sinon dans 10 jours, on sera en SL (inch allah) et on ira à Waterloo pour avoir de vos nouvelles.

je ne sais plus si je signe « mama », car ici, je passe pour la mère de jm quand je dis que je m'appelle mama ! Alors je dis martine, et ils répondent « ha oui, Martinique, comme l'île que je connais »

quelques mots qu'on a appris (en wolof phonétique)
bismilaï (bienvenue)
salam alekoum (bonjour) alekoum salam (la réponse)
diérédiof (merci)
menguidem N'gor (je vais à N'gor)
baïma (laisse moi)
saï saï (voyou)

à bientôt,
martinic

18 heures, on est toujours là ! En attente d'une connexion pour faire partir ce dernier message, et convaincus par Seka qui veut nous accompagner demain matin. Il n'a jamais navigué sur un voilier, on fera la sortie avec lui, puis il rentrera en pirogue.

Donc jm veut en profiter pour nettoyer la coque, ça veut dire aller dans l'eau avec masque, palmes et un grattoir pour enlever les coquillages accrochés ; mais quel cinéma il me fait ! 2 heures de préparation psychologique, 1 heure avec de l'eau jusqu'aux genoux, il rigole bêtement « mais c'est trop froid ! », il plonge et ressort aussitôt « c'est pas possible » (j'ai des photos, mais il ne veut pas que je les mette) ; alors, j'utilise son discours habituel : « si tu veux, tu peux ! Un peu de sophrologie pour canaliser tes sensations, bon sang ! »
je sais que l'eau est très bonne (j'y suis allée une fois), mais Seka m'a dit que ce n'était pas bien, on me voit de la plage, et même si j'étais en short long, c'est pas bien … je le ferai en pleine mer, et ma difficulté à moi, sera d'aller profondément sous l'eau sans regarder l'abîme de l'abysse …! à chacun ses tares !!
On en profitera pour asperger complètement le pont, les bouts et les voiles qui sont couverts de poussière jaune (apportée par l'armatan, je crois, vent qui vient du désert).